acte

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Posté le:
16 Juil 2008 à 14:16 Sujet du message: SOME VOICES - de Simon Cellan Jones |
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"Some Voices"
Un film de Simon Cellan Jones
- Angleterre / Ecosse -
Genre: Drame
Année: 2001
Synopsis:
Ray, énigmatique et attachant, quitte l'hôpital psychiatrique pour s'installer chez son frère Pete, restaurateur surmené et protecteur. Ray découvre la vie, et rencontre Laura, une écossaise un peu folle qui a des problèmes affectif. Tout à son amour, Ray cesse de prendre ses médicaments, rompant le précaire équilibre de sa nouvelle vie...
Introduction:
Je suis encore troublé d'avoir vu ce film. Même quelques années plus tard. Il s'en dégage une force immense, appuyée par les images qu'il propose durant près d' 1h40. Des souvenirs qu'il m'en reste, c'était un bon, et inlassable moment de cinéma. Le temps a passé depuis, et qu'en reste t'il ?.
Avis:
Je me souviens d'une chose, que ce qui semblait au départ être une comédie, devenait rapidement un drame social avec cette amertume, enfouie, de personnages rêvant d'une autre vie.
Avec ce film Simon Cellan Jones, nous offre une réflexion intelligente de la folie, de la différence, parfois même de la solitude.
Il amène, avec une maturité exemplaire pour un premier film, une splendide étude de moeurs, d'une Angleterre débasusée, plongée dans un présent qu'elle ne contrôle pas toujours.
Il ne dénonce rien, ni ne fragilise quoi que ce soit, il démontre juste avec pertinence et un certain esthétisme à quel point la vie est fragile, à quel point elle est faite de différences, de regards incompris, de faiblesses.
"Some Voices" est une leçon de vie extraordinaire. L'acteur Daniel Craig, alors inconnu, incarne fabuleusement, ce doux dingue, en mal de vivre, qui sombre petit à petit dans l'inconnu.
Histoire d'amour tragique, sorte de Roméo et Juliette version contemporaine, mais qui baigne dans l'optimisme, avec une fin déroutante et inéspérée, teintée d'espoir.
Cette vie minable que les deux protagonistes principaux vivent dans le film, est à l'image du monde qui les entourent. Une sorte d'enfer récurrent, d'une banalité extreme, d'une routine quotidienne, et d'un ennui profond.
Ray, est en fin de compte, le personnage que chacun d'entre nous cache en lui, une bête féroce qui se nourrit du regard des gens.
Le film pointe du doigt la société moderne, s'inquiète de l'aspect psychologique imputé à des personnages fantômatiques.
La folie n'est que l'issue qui se trouve au bout du tunnel. Et souvent, on a tous envie de devenir fou lorsque l'on se promène dans les rues de notre existence, les gens vous dévisage, le respect n'existe plus, et c'est en quelque sorte là, que le cinéaste anglais voulait en venir. Non sans une certaine maîtrise de la métaphore.
Très émouvant, mais parfois très drôle, cette oeuvre puissante, mérite l'attention. Par sa pertinence, son éclatante authenticité, et sa force de narration.
L'abileté du scénario est de jouer la confusion, à tout bout de champs. Avec en toile de fond une incursion dans le fantastique. l'allusion aux extraterrestres en est une preuve. Quelle soit imaginée ou non par Ray, cette possibilité de lecture existe. Comme chez Kiyoshi Kurosawa, l'aspect de la fantomisation demeure évidente. Elle expliquerait en tout cas, les voix qu'entends Ray dans sa tête. Puis aussi Ray trace des cercles, dans les champs, dans le sable, dans la rue, et attend que l'on vienne le chercher.
A l'image d'un cinéma fantastique réfléchi et inculquant à ses personnages une force de suggestion, "Some Voices" pourrait faire office de grand film du genre. Mais il n'en est pas question parce qu'il s'agit là, d'une interprétation personnelle. Aucun véritable élément fantastique ne permet d'établir un rapprochement avec le cinéma de genre. Ce qui fait office de fantomisation, d'errance psychique agit dans l'unique possibilité de lecture multiple. Pour moi, les voix interviennent dans ce sens.
Conclusion:
Pour moi, des années plus tard, il reste des souvenirs indélébiles. Des images d'une grande puissance émotionnelle et analytique. Un film d'ambiance, faisant preuve d'élégance et de simplicité. Son homologue, pourrait être l'excellent "Sue Perdue dans Manhattan". Dont la mise en scène, l'ambiance, la narration et la force rappellent étrangement ce "Some Voices", sortit de nulle part.
Une expérience à vivre au moins une fois... |
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