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Benoît

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Messages: 3972
Localisation: Belgique
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Posté le:
02 Juil 2008 à 23:19 Sujet du message: Minority Report de Steven Spielberg |
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De: Steven Spielberg
Avec: Tom Cruise, Colin Farrell, Samantha Morton, Max von Sydow, Kathryn Morris, Peter Stormare, Blake Bashoff, Spencer Treat Clark, Joel Gretsch, Steve Harris, Patrick Kilpatrick, Daniel London, William Mapother, Lois Smith,...
Pays: Etats-Unis
Année: 2002
Synopsis
Washington, 2054. La société du futur a éliminé le meurtre en se dotant du système de prévention/ détection/ répression le plus sophistiqué du monde. Mais quand l'ordinateur du département "Précrime" renvoie au chef John Anderton sa propre image, l'impensable se produit: d'ici 36 heures, Anderton aura assassiné un parfait étranger... Devenu la cible de ses propres troupes, Anderton prend la fuite...
Avis
S'il y a bien une oeuvre de Spielberg que l'on devrait retenir dans cette première décennie du 21ème siècle, ce serait Minority Report.
Il faut dire qu'on est dans une oeuvre clairement axée sur le grand public mais qui est loin d'être un simple film idiot. Au contraire, Spielberg nous sert du divertissement intelligent.
Basé sur un roman de Philip K. Dick, c'est Tom Cruise qui contacta Spielberg alors qu'il était sur le tournage de Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick pour savoir si le metteur en scène américain serait intéressé pour mettre en scène l'oeuvre de K. Dick. Bien sûr, Spielberg accepta et tant qu'on parle de Kubrick, on a toujours su que les deux hommes entretenaient de bonnes relations et on ne peut s'empêcher de penser que deux ou trois éléments ramènent à l'univers de Kubrick. Le plus marquant reste la scène où John Anderton décide de se faire placr des yeux d'un autre. L'outil qui lui sert à écarter et à maintenir les paupières ouvertes ressemblent étrangement à celui qui était utilisé dans Orange mécanique. Ce dernier film qui était lui-même basé sur un roman de Burgess. Il s'agit justement du nom d'un des personnages de ce Minority Report... Enfin, un gros plan sur une pupille renvoit directement à ce qu'on avait dans 2001, l'odyssée de l'espace.
Cette oeuvre s'inscrit également dans l'après 11 septembre. L'Amérique est sous tension, et des décisions gouvernementales permettent une surveillance plus accrue des citoyens pour déjouer les pièges terroristes. Même si ici, il ne s'agit pas de terrorisme mais bien de meurtre, Spielberg dénonce au fond cette surveillance exagérée qui entraîne au fond une perte de liberté. Et c'est également normal pour lui si le départment Précrime disparaît à la fin de l'oeuvre.
Il faut également avouer que Minority Report est très bien construit et n'a pas peur de prendre à contre-pied les spectateurs. Loin d'être avare en rebondissements, il réserve quelques surprises au public, qui risque cependant parfois de perdre pied et de ne plus trop savoir où il en est. Car il faut bien avouer que le film n'est pas toujours simple et que certains moments peuvent sembler assez flous aux yeux d'une majorité de téléspectateurs.
L'oeuvre est également assez noire à tous les niveaux. Spielberg utilise un ton assez granuleux, et on obtient également de très belles séquences lors des souvenirs du Précog, où nous sommes littéralement transportés dans la pupille de ce dernier. Si le film de Spielberg est extrêmement noir (société surveillée de partout, des publicités omniprésentes qui savent à qui elles s'adressent, Anderton et sa femme ayant perdus un enfant, Anderton poursuivi pour un crime qu'il n'a pas encore commis. Mais où commence la notion de crime. Quand l'acte est réalisé ou lorsque celui-ci est pensé ?), on retrouve toutefois le thème assez cher à Spielberg qui est le rôle de l'enfance dans ses films. Ici, il est loin d'être amusant, comme souvent notez où Elliott, par exemple, est un petit garçon qui vit assez mal le divorce de ses parents, qui est plutôt un enfant solitaire et qui plutôt sans compagnons de jeux. Dans le cas de Minority Report, on constate qu'Anderton a perdu son fils unique, enlevé par une personne à la piscine et plus que probablement assassiné. Et s'il s'est porté volontaire pour rejoindre la société Précrime, c'est pour éviter que ce genre de drame ne se reproduise à nouveau.
Bref, on avait constaté que Spielberg prenait un nouveau tournant avec La liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan. Il faut bien lui reconnaître que pour ce Minority Report, c'est très réussi. Le metteur en scène allant jusqu'à appeler des spécialistes de toute sorte pour savoir à quoi pourrait ressembler la société du futur et ce de manière cohérente. Nul doute qu'on se trouve ici devant un film réussi...
Note: 4/5
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acte

Age: 24
Inscrit le: 31 Déc 2006
Messages: 2505
Localisation: Strasbourg
Loisirs: Cinéma du monde
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Posté le:
02 Juil 2008 à 23:32 Sujet du message: |
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Au contraire de toi, je n'ai vu ici qu'un film plat. Sans corps, basé sur un scénario de science-fiction d'un auteur à succès, jamais le cinéaste ne sauve le film.
Pourtant, le scénario avait de quoi permettre à Spielberg d'explorer des thématiques intéressantes. La notion de l'enfance, ici, n'est que peu représentative de l'obsession du cinéaste la concernant. Tout comme la mise en scène s'appuit sur beaucoup de codes utilisés puis réutilisés dans bon nombres de films précédemment.
L'après 11 septembre, est une excuse à mon avis dans ce film, sortit au bon moment et vendu comme un produit de conspiration bien américaine. Le roman de K.Dick étant plus ancien que cela. Surtout, je l'ai trouvé très faible sur l'anticipation. Le roman emmène à une réflexion plus poussée, là ou Spielberg démontre des choses, et traverse son histoire.
J'ai senti un Spielberg essoufflé, en panne de vraie inspiration. Pour moi, l'exact opposé de sa réussite sur "A.I" ou là, l'enfance état maîtrisée et le film raconté comme une sorte de conte.
On embarquait dans une histoire qui tenait en haleine. Croisement entre film pour adulte, presque anticipatif et visionnaire, et un conte pour enfant, dans un univers Burtonien teinté de science-fiction et ses thématiques obsédantes.
Ici, de la course poursuite dans un univers trop sombre pour Spielberg. Un produit de consommation, pour moi, ni plus, ni moins. |
_________________ Le cinéma pour toujours, à en crever, pour l'eternité.
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