acte

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Posté le:
06 Juin 2008 à 11:00 Sujet du message: NUMERO 17 - de Alfred Hitchcock |
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Numéro 17
Un film d'Alfred Hitchcock
- Angleterre -
Genre: Thriller
Année: 1932
Synopsis:
A la poursuite d'un gang, venant de voler un fabuleux collier, un détective rencontre une jolie fille et en tombe amoureux. Celle-ci l'aidera dans son enquête et le sauvera de la mort...
Introduction:
Nous sommes au début des années 30, le cinéma parlant prend sa place légitime, et met fin à bons nombres de cinéastes de l'ère du muet.
Alfred Hitchcock, après quelques oeuvres d'un mutisme intégral, commence du parlant avec intelligence et maîtrise.
"Numéro 17" fait parti de ses films que l'on a oublié.
Pourtant, pour plein de raisons diverses, ce film reste l'un des plus fascinants du maître.
Le dessein d'un grand cinéaste s'y met en place, explications:
Un air d'expressionisme...
Dès les premiers instants, le film scotche le spectateur par sa qualité technique.
Une ouverture très Hitchcockienne, le vent balaye les feuilles mortes, la caméra esquisse un mouvement latéral très audacieux.
En travelling, la caméra suit le personnage principal, qui entre dans une maison.
Une vieille bâtisse qui deviendra pendant toute une partie du film, le lieu unique, s'inscrivant ainsi dans la droite lignée de la mécanique Hitchcockienne.
L'ambiance huis clos règne dès le pas de la porte franchit.
On constate le jeu des ombres, rappellant l'époque de l'expressionisme allemand, avec le choix du cinéaste de favoriser les gros plans, les inserts, ou encore les plans fixes sur le décor, qui prend vit sous l'influence d'une main, ou d'une silouhette.
Hitch, s'élance alors dans un formidable défi technique, pour l'époque, à coup de grues, de travellings, bercés ça et là, par des mouvements toujours discrets et ingénieux.
Dans la grande mode de l'expressionisme, Hitchcock tire son épingle du jeu en s'appropriant l'histoire, plus théâtrale au départ, que cinématographique.
Inspiré d'une pièce du même nom, le cinéaste crée une vraie valse scénaristique, en instaurant des personnages aux rôles bien précis.
Une mise en scène visionnaire...
Hitchcock, au delà d'une simple adaptation, sans être encore le génie que l'on connaît, parvient à impressionner le spectateur, par son goût de la mise en scène.
A 33 ans, il n'en demeure pas moins qu'un grand visionnaire, que rien n'arrête.
Le montage permet une grande découpe de son fil scénaristique, et l'on observe une sorte de cassure des plans, via l'insert de gros plans ou d'éléments du décor, venant rompre la linéarité du huis clos.
La première partie du film, à peu de choses près les 40 premières minutes, sur les 1h05 totale, est très onirique, une sorte de doux cauchemar, dans lequel les personnages tissent leurs relations. On y voit des prouesses de mise en scène, venant combler un aspect relativement linéaire du film.
Le travail de précision dans le huis clos, en fait toute sa force, pour peu que le réalisateur arrive à insister sur les petits détails, qui viendront apporter le génie d'une mise en scène, faisant oublier les faiblesses scénaristiques.
Ici, Hitchcock, prend plaisir à jouer sur les petits rien, sur les moments de silence, les longues expressions muettes, rappellant que l'époque du muet, n'est pas si lointaine que cela.
Une seconde partie virevoltante...
L'onirisme, aussi bon et travaillé qu'il soit, cède en deux temps trois mouvements, par une magnifique virevolte de la caméra, passant de la vieille bâtisse au quai de la gare, enfoui sous ue trappe de la maison.
A présent, le huis clos contrôlé dans ses moindres recoins, joue la carte de l'action, devenant ainsi un film avec une échappée certaine.
L'immensité remplace le confinement, en deux plans seulement.
Les personnages s'enfuient, d'autres, les poursuivent, le film se transforme en une grande et longue course poursuite, impressionnante de maîtrise.
Dans ce film, Hitchcock parvient à installer sa récurrence.
Deux parties opposées, qui feront tout son cinéma.
D'un côté, "les espaces intérieurs", les personnages enfermés, cherchant indubitablement les clés d'une énigme.
De l'autre, "les espaces extérieurs", des courses poursuites, dans différents lieux, des gares, des trains, des déserts...
Si l'on avait l'habitude d'un genre, au détriment d'un autre dans ses films, ainsi son choix se portait sur l'une ou l'autre des situations d'espace, ici, Hitchcock, en deux mouvements de caméra, passe de l'une à l'autre de ses récurrences.
Un coup de génie fascinant, que malheureusement, le public ne suivra pas...
Conclusion:
Un nouvel échec commercial entoure ce film, faisant suite à l'échec de "A l'est de Shangai", compromettant la suite de la carrière du maître.
Ce "Numéro 17" marque la fin de l'association du cinéaste au producteur John Maxwell, avec qui il avait réalisé pas moins de neufs films en à peine 5 années.
Ce film est aussi un tournant dans la filmographie du cinéaste, parce qu'il est l'un des films qu'Hitchcock a voulu oublier.
Un film de commande qui a failli ruiner sa carrière, mais qui plus de 70 ans plus tard, est à analyser de fond en comble, parce qu'il est pour moi, le véritable film révélateur du talent d'Alfred Hitchcock... |
_________________ Le cinéma pour toujours, à en crever, pour l'eternité.
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